"Jeanne
d'Arc à Domrémy" - Hauteur 36 cm - bronze
à deux patines - fonte Barbedienne
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L'immense succès de
la Jeanne d'Arc à Domrémy de Chapu au Salon de 1872, s'inscrit dans le
contexte très particulier de la perte de l'Alsace et de la Lorraine par
la France en 1870. La France meurtrie trouve alors en Jeanne d'Arc une
figure unificatrice d'héroïne patriotique et de sainte chrétienne.
Dès 1841,
l'historien Jules Michelet en publiant sa "Jeanne d'Arc"
(Livre V de son Histoire de France), l'avait hissée
au rang d'héroïne incarnant le peuple. Mettant en avant son
origine modeste et provinciale, sa simplicité, sa foi et son
sacrifice, il avait fait d'elle un personnage capable de cristalliser
le sentiment national du peuple français. On voit poindre dans cette
vision romantique la référence historique à laquelle se référera
constamment le nationalisme revanchard.
La Jeanne de Chapu
n'a cependant pas l'allure guerrière de celle de Frémiet (1874) ou de
celle des innombrables déclinaisons du personnage, à cheval, à genoux,
en armure. Il ne s'agit-il encore que de la bergère de Domrémy
entendant des voix. L'artiste s'est attaché à bannir de son oeuvre tout
ce qui aurait pu faire de son héroïne une exaltée ou une illuminée. Il
se dégage au contraire du personnage une impression de calme serein et
d'équilibre psychologique.
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