Alexandre Gamba de Preydour (1846 - 1931)

Gamba de Preydour - Jeune Paysanne de la vallée de l'Andorno L'histoire de ce tableau est à l'image de celle de son auteur, un peintre en voie d'oubli. Présenté une bonne dizaine de fois à la vente dans les plus grandes salles des ventes, de New-York, à Paris en passant par Londres, Fontainebleau ou Saint-Germain, cette œuvre n'a pas réussi à susciter le moindre intérêt, avant de trouver sa place sur mes cimaises.

A croire qu'une technique sans faille n'intéresse plus... L'envoi au salon était pour un artiste du 19ème siècle un évènement important et Gamba ne déroge pas ici à la règle. Sa jeune paysanne est tout simplement un chef d'œuvre de raffinement. Cet élève de Jean-Léon Gérôme déploie une technique proprement hallucinante quasiment photographique qui confine à l'hyperréalisme.

L'idéalisation des types physiques, qui confère ce caractère un peu artificiel que l'on a tant reproché à Bouguereau est ici totalement absent. Nous sommes en présence d'une très jeune paysanne toute simple. Nulle mièvrerie ne vient entacher ce tableau dans lequel l'artiste s'est attaché à briller dans les secteurs les plus difficiles, combinant l'art du portrait, une étude de mains et de pieds exemplaires, un rendu du bouquet d'herbes superbe. La critique aurait peut-être été plus sensible à quelque de chose de plus flamboyant. D'une certaine façon notre Bouguereau niçois développe ici une approche naturaliste.

Aujourd'hui Gamba de Preydour est sur le point de basculer dans l'oubli. Seul le Detroit Institut of Arts (DIA) présente encore l'une de ses œuvres. Sur internet on consultera avec intérêt la page que lui consacre Jean-Paul Potron sur le site de l'académie Nissart.
"Jeune paysanne de la vallée de l'Andorno" Piémont. Huile sur toile 110 X 65cm. Envoi au Salon de 1889 n° 443. Extrait de la revue La Vedette (Marseille. 1877) .Chronique de Paris, la Provence au Salon. Par Aimé Giron .

"Je
ne résiste pas à croquer, en passant, M. Alexandre Gamba de Preydour qui est à Paris, mais habite Nice. Tant pis pour lui ! Tant mieux pour nous ! Très distingué et très habile son tableau Sous la fraîche feuillée. Un angle de mur empanaché de feuillage, le mur d'un parc que repousse un retrait d'ombre mystérieuse. En avant, un brin de terrain effleurant un bord de mare très froide, très endormie et que plaquent ou frisottent des plantes aquatiques. Sur le bout de terrain, un simple bouquet de roses variées agré-
menté de menues fleurettes et de s'allonge vers la mare. Serait-ce une allégorie ? Composition et couleur extraordinairement distinguées ; de la richesse sans fracas. "